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Biz, écrivain en résidence 2018

22 mars 2018

Kidnappé à Trois-Rivières

Biz, écrivain en résidence 2018

22 Mar 2018

En 1646, alors qu’il est encore adolescent, Pierre Esprit Radisson quitte Paris pour les Trois-Rivières, comme on disait à l’époque en Nouvelle-France. Il faut s’imaginer le choc culturel. Fondée quatre ans plus tôt, Trois-Rivières n’est à cette époque qu’une petite bourgade fortifiée par une palissade abritant une vingtaine d’habitants. La forêt est partout. Les cours d’eau sont les seuls chemins pour parcourir un continent titan. On est loin des grands boulevards de Paris.

En 1651, au cours d’une escapade de chasse avec des amis, le jeune Radisson se fait capturer par une patrouille iroquoise, qui compte le ramener dans son village pour le torturer à mort. Mais devant la bravoure et la hardiesse de Radisson, le chef du village décide d’adopter le jeune Français. Âgé d’à peine 16 ans, Radisson va complètement s’ensauvager, c’est-à-dire apprendre la langue et la culture de ses ravisseurs, jusqu’à se vêtir comme eux et se battre à leurs côtés contre leurs ennemis.

Ayant réussi à s’évader, Radisson propose au gouverneur de la Nouvelle-France sa précieuse expertise dans le commerce des fourrures. C’est ainsi qu’en 1660, il effectuera un retour triomphal à Trois-Rivières, à la tête d’un convoi de rabaskas chargés de précieuses pelleteries.

En 1994, adolescent natif de Québec, je débarquais à Trois-Rivières pour étudier à l’UQTR. À l’instar du jeune Radisson, dont la vie allait basculer, je me suis fait kidnapper par le bac en récréologie. Guidé par des professeurs stimulants en compagnie de confrères passionnés, j’ai voyagé au coeur du savoir, je me suis découvert et réinventé pendant les cinq plus belles années de ma vie.

Et aujourd’hui, au terme d’aventures palpitantes, c’est à titre d’écrivain que je reviens à Trois-Rivières, avec un rabaska chargé non pas de peaux, mais de mots, avide de partage et de rencontres avec la ville qui m’a fourni un pack sac de connaissances qui me seront utiles pour toujours.

 

Texte lu lors de la cérémonie d’ouverture du 30e Salon du livre, à l’Espace Radio-Canada. Photo: Club de photo Mauricien