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Marjolaine Beauchamp, écrivaine en résidence 2019

31 mars 2019

Quatrième texte de l’écrivaine en résidence

Marjolaine Beauchamp, écrivaine en résidence 2019

31 Mar 2019

On est dimanche
La poussière retombe
Le cœur se dépose
Les plexus se détendent
J’ai fait mes bagages
Maman s’en vient
J’étais pas vraiment loin
J’suis jamais vraiment loin
Même si on s’voit pas
J’étais partie voir des gens
Je sais, ça ressemble pas à ça
un travail d’habitude

Maman est chanceuse
J’écris dans le silence
Puis après, j’écoute l’écho
La résonnance, je vois les
gens qui m’ont lu
Ou qui veulent me lire
Je vois toutes sortes de gens
J’ai même été capable de sentir
leur cœur
Ça bat fort un cœur qui croise un semblable
Ça fait comme moi des fois
Ça balbutie, ça sait pas où commencer
Ça bégaie, ça palpite, ça va vite
Ça fait passer une galaxie
Par l’entonnoir de la bouche
J’aimerais dire à ces cœurs
Que je les ai vus
Comme un refuge à chaque promenade
Je les ai vus émus, anxieux, ouverts, croches, vulnérables, curieux

Comme ces gens en alphabétisation
Ils étaient splendides et nerveux et fébriles
Une question préparée sur leur papier
Et toute la fierté du monde
D’avoir traversé mon recueil
De la première syllabe
Au dernier vers
Je les ai vus
Le même genre d’élan que toi Elsie
Mon bébé tsunami
Le même océan dans le cœur
La même envie de dire
La même désinvolture
La parole sans contrainte
La parole libérée
La parole qui attendait juste un go
De quelqu’un qui écoute
Je me suis sentie enveloppée
D’être importante pour eux
Parce qu’ils l’étaient pour moi

Je les ai vues, les femmes symbiose,
Les femmes truck
Les femmes de soie et de béton
Les femmes vécues et celles à vivre
Les foudroyantes
Les approximatives, les brillantes
Les comètes
Nous nous sommes reconnues
Des fois juste par les yeux
Des fois unies dans un sanglot

Je les ai vus les étudiants endormis
Pendant ma conférence à 8h le matin
Celle où mon cœur est tombé par terre
Celle où la panique a pris le volant
Devant tout l’monde
Je suis excellente pour éclater devant tout l’monde

Je les ai vus me voir
Et puis m’atteindre
Attendre que je revienne
Me regardant patients
Intrigués, incrédules ou émus
Et je suis revenue
Vertigineuse et improbable
Fragile et vulnérable
Forte et douce
Et on m’a dit merci
On m’a dit merci d’avoir eu ce courage
Merci d’être faillible
Je ne savais pas qu’on avait le droit

Ben justement
Je voudrais leur dire plus vigoureusement
Qu’on a le droit
Je voudrais vous dire
Que vous avez le choix
Pis si vous ne vous
sentez pas capable
Venez l’être à côté de moi
Dans le creux de mes bras

On est dimanche
La poussière retombe
Le cœur se dépose
Maman s’en vient
Maman est là

Le quatrième texte de l’écrivaine en résidence a été lu sur la scène de l’Espace Radio-Canada lors de la cérémonie de clôture du Salon du livre, le 31 mars à 16h.