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Ariane Gélinas, écrivain en résidence 2017

23 mars 2017

RÉSIDENCE, Jour 01 : PROFESSION LECTRICE

Ariane Gélinas, écrivain en résidence 2017

23 Mar 2017

Certains enfants rêvent d’aller dans l’espace, d’autres, d’éteindre des incendies ou de devenir cascadeur. Petite fille, je voulais devenir tout ceci à la fois. J’avais trouvé l’emploi idéal. C’était décidé, mon futur métier serait d’être lectrice.

J’avais eu cette révélation lors de l’unique jour d’ouverture hebdomadaire de la bibliothèque de mon village natal : Grandes-Piles. Le mercredi soir, entre 18h et 21h. Chaque semaine, pour m’y rendre, j’étais prête à braver seule l’obscurité qui recouvrait en hiver la distance entre ma maison et les rayonnages. Quitte à courir au retour, sac au dos, pour échapper aux ombres qui s’enfuyaient des ouvrages consultés quelques instants auparavant.

Car je venais de découvrir la section de romans fantastiques pour enfants. Je me faisais la réflexion que, dans le pire des cas, Steve, le patient commis, viendrait me dire comme tous les adultes que « c’était juste la nuit qui me faisait imaginer des choses ». De regarder les reflets de la lune sur les bancs de neige pour me rassurer.

Mais, bien que j’aie réussi à échapper aux créatures de légende lancées à mes trousses, il fallait de nouveaux défis pour me préparer à exercer ma future profession. Quelque chose d’important, de sérieux.

Le point de départ était facile. Et particulièrement agréable, il faut le confesser. Lire, lire et encore lire.

D’abord, terminer le rayonnage pour enfants. Puis m’attaquer, sous l’œil attentif de Steve, à celui des adolescents. Commander des livres s’il le fallait. À toutes les semaines. En profitant du fait que Steve ne me disait jamais non.

Je venais de changer de niveau. D’embrasser, réellement, ma profession de lectrice. J’étais même prête à créer des images pour accompagner les ouvrages dépourvus d’illustrations. Les miens, ceux des autres, peu importe. C’était sans compter qu’il n’était pas aisé pour moi de dessiner autre chose qu’un chat.

Aujourd’hui encore, les livres ont toujours autant d’importance pour moi. Avec ou sans images, pleins d’histoires, de savoirs et de poussière parfois − lorsqu’ils ne sortent pas souvent des rayonnages de la bibliothèque. Chaque année, le Salon de Trois-Rivières célèbre l’accessibilité à la lecture et l’effervescence culturelle. L’acte essentiel de connaître, semaine après semaine, une multitude d’univers. L’occasion de rencontrer les auteurs, éditeurs, fervents du livre et tous ceux qui se nourrissent de la nécessité de la littérature.

Le Salon du livre de Trois-Rivières, c’est aussi, pour moi, la chance de rêver pendant quatre jours que je fais réellement profession de lectrice.

Merci, Salon du livre.

Ariane Gélinas
Auteure en résidence 2017